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La bourrée à l’origine du Musette

Une valse à trois temps“ ... chantait Brel. Comme danse à trois temps, on ne fait pas mieux que la bourrée.
Voilà une danse qui plonge aux racines de l’occident. On en trouve trace dans la Grèce antique, la Bulgarie, l’Espagne et même selon certains dans le Maghreb. Les figures sont diverses, mais se retrouvent à des milliers de kilomètres.
En France, c’est sous la Renaissance que la bourrée, un moment menacée d’excommunication, acquiert ses lettres de noblesse.
Des Clermontois la dansent devant François 1er. Quant à la sulfureuse Margot, reine de France et première épouse d’Henri IV, aux appétits sexuels sans limites, elle ne s’en lasse pas, dit-on.  La vogue ne faiblit pas sous Louis XIV où la vielle est fort prisée.

A la fin du XIXe siècle, la bourrée accompagne les immigrés de l’Aubrac et d’Auvergne dans la Capitale. Autour de la Bastille, ça chauffe dans les arrières salles des cafés-charbons de la rue de Lappe.  Les cabrettes bougnates rivalisent avec les accordéons italiens, autres émigrés. Tout cela se finit parfois à coup de couteaux de laguiole pour les beaux yeux d’une belle de Lozère ou d’Aveyron. Jusqu’au jour de 1906, où l’armistice puis la paix sont proclamés entre la cabrette et de l’accordéon, sous l’influence de patrons de cafés bien avisés qui préfèrent voir couler la bière que le sang. Sans le savoir, ils viennent de lancer le musette… 

La bourrée a continué de se développer à Paris durant plus de 80 ans alors même qu’elle avait tendance à péricliter au Pays. Et ce grâce aux Auvergnats implantés à Paris dans les bistros et cafés qui ont donc popularisé le bal d’abord avec leurs cabrettes, ces sortes de cornemuses françaises appelées Musette, d’où le nom du Bal musette donnés par les Parisiens et devenus signes d’un bal populaire français animé par un accordéon…

Le Folklore a été maintenu vivant par le grand nombre d’émigrés du Massif Central montés à partir de la fin du XIXe siècle. Ce folklore est un des éléments les plus distinctifs de leur identité.  Aujourd’hui encore, les règles du cahier des charges posées dans les années 20 lors de la création des premiers groupes folkloriques demeurent inchangées : maintenir vivante la flamme de la tradition et assurer l’animation des banquets d’amicales.